Thaïs d’Escufon : pourquoi ses contenus ont évolué vers les relations hommes-femmes

L’ancienne militante identitaire présente ce changement comme une continuité entre engagement politique, critique du féminisme et réflexion sur les rapports entre les sexes.
Thaïs d’Escufon justifie l’évolution de ses thèmes de prédilection par une continuité idéologique plutôt que par une rupture. Après avoir été principalement associée à l’activisme identitaire, à l’immigration et aux questions de sécurité, elle concentre davantage ses prises de position sur le féminisme, la masculinité, la féminité, la solitude affective et les rapports entre hommes et femmes.
Selon elle, ce déplacement répond à un constat : les enjeux intimes et relationnels auraient une portée politique et civilisationnelle. Elle affirme vouloir dépasser la seule dénonciation de phénomènes sociaux pour proposer une réflexion sur les comportements individuels, la famille et les relations entre les sexes.
Un parcours d’abord lié à l’activisme identitaire
Thaïs d’Escufon situe le début de son engagement politique en 2018, alors qu’elle étudiait à l’université Toulouse-II Le Mirail. Elle indique avoir rencontré des membres de Génération identitaire à Toulouse, avant de rejoindre ce mouvement et d’y militer durant environ trois ans.
Elle décrit cette période comme fondatrice sur les plans personnel et politique. Elle dit y avoir trouvé un collectif de jeunes militants, une culture de l’action et une valorisation du dépassement de soi. Dans son récit, l’engagement militant lui aurait permis de structurer ses convictions et de se confronter aux conséquences concrètes de l’action politique, notamment à des procédures judiciaires et à des gardes à vue.
Elle évoque également sa participation à une action sur la place de la République à Paris, en juin 2020, lors d’un rassemblement du comité Adama. Cette séquence, qui a bénéficié d’une forte visibilité médiatique, a contribué à l’identifier publiquement comme l’une des figures de Génération identitaire.
La dissolution de Génération identitaire, décidée en mars 2021 par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, constitue ensuite un tournant majeur dans son parcours. Thaïs d’Escufon présente cette décision comme la fin d’un cadre militant auquel elle était profondément attachée. Elle affirme toutefois avoir conservé ses convictions sur l’identité, l’immigration et la culture européenne.
Passer de l’action militante à la prise de parole publique
Après la dissolution du mouvement, elle explique avoir cherché une autre manière de poursuivre son engagement. Ses premières interventions publiques portent alors sur des thèmes politiques classiques de la droite identitaire : immigration, sécurité, banlieues, assimilation ou encore place des femmes à droite.
Elle soutient également Éric Zemmour lors de la campagne présidentielle de 2022. Elle décrit cette séquence comme un moment d’intense investissement personnel, mais aussi comme une source de désillusion après le résultat de l’élection. À ses yeux, cette expérience a souligné les limites d’un discours politique qui ne toucherait pas suffisamment les jeunes générations ou qui resterait trop abstrait dans leur quotidien.
Cette réflexion l’amène à chercher d’autres leviers de diffusion et de persuasion. Elle estime que les difficultés affectives, la solitude, les tensions entre hommes et femmes ainsi que les interrogations sur les rôles masculins et féminins constituent des préoccupations plus immédiates pour une partie du public.
La découverte de la psychologie des relations hommes-femmes
Thaïs d’Escufon relie une partie de cette évolution à sa lecture de L’Amour et la Guerre de Julien Rochedy. Elle explique que cet ouvrage l’a conduite à s’intéresser plus sérieusement à la psychologie évolutionniste, aux archétypes et aux différences qu’elle estime exister entre les comportements masculins et féminins.
Elle cite également Guillaume Faye, notamment son livre Sexe et Dévoiement, comme une référence ayant renforcé son idée d’un lien entre identité collective, sexualité, démographie et rapports entre les sexes. Ces références s’inscrivent dans une vision politique qui lui est propre et qu’elle revendique explicitement.
Son approche consiste à présenter la crise des relations hommes-femmes comme une question dépassant la sphère privée. Elle associe la baisse de la stabilité conjugale, l’isolement, les frustrations relationnelles et le recul de la famille à une crise plus générale de la société européenne. Ces interprétations relèvent de ses positions politiques et idéologiques.
Une critique du féminisme et de certains discours masculins
Thaïs d’Escufon affirme ne pas se définir prioritairement comme antiféministe. Elle préfère se présenter comme « pro-famille » ou « pro-civilisation ». Elle considère néanmoins que le féminisme contemporain contribue, selon elle, à accentuer l’opposition entre les sexes et à fragiliser les relations durables.
Elle critique aussi les discours qu’elle rattache à la « red pill », aux mouvements MGTOW ou à certaines figures de l’influence masculine. Son reproche principal est de voir dans une partie de ces contenus une logique de ressentiment, dans laquelle les femmes seraient désignées comme responsables de toutes les difficultés rencontrées par les hommes.
Son propos se veut différent : elle dit vouloir aider les hommes à comprendre les relations amoureuses sans les enfermer dans une posture de plainte. Elle affirme que les difficultés masculines doivent être prises au sérieux, tout en soutenant que chacun doit travailler sur sa situation personnelle. Dans cette perspective, comprendre les comportements féminins ne devrait pas conduire à dévaloriser les femmes ni à entretenir l’hostilité entre les sexes.
Elle adresse un message comparable aux femmes : elle défend l’idée d’une féminité positive, distincte à la fois du féminisme qu’elle critique, de la promiscuité qu’elle qualifie de nihiliste et de l’effacement de soi. Cette conception repose sur une vision différenciée des rôles des hommes et des femmes, vision qui fait l’objet de débats dans l’espace public.
La notion de « masculinité héroïque » au centre de son projet
Le concept central avancé par Thaïs d’Escufon est celui de « masculinité héroïque ». Elle ne le réduit pas à la force physique, au statut social ou à la séduction. Elle l’associe plutôt au courage, à l’affirmation de soi, à la discipline, à la détermination et au fait de mettre ses capacités au service d’un objectif qui dépasse l’intérêt individuel.
Dans son discours, cette masculinité devrait permettre aux hommes de sortir de la passivité, de la frustration et de l’isolement. Elle estime qu’une revalorisation de ces qualités pourrait également favoriser des relations plus équilibrées entre les sexes et un renforcement de la famille.
Elle précise que cette ambition ne concernerait pas uniquement les hommes. Pour elle, la redécouverte d’une masculinité structurante suppose aussi une féminité assumée et une coopération entre les sexes. L’objectif affiché n’est donc pas d’entretenir une guerre des genres, mais de la dépasser par une redéfinition des attentes réciproques.
Une ligne éditoriale présentée comme politique autrement
Thaïs d’Escufon récuse l’idée selon laquelle elle aurait abandonné la politique en traitant davantage des relations hommes-femmes. Elle défend au contraire l’idée que le féminisme, la démographie, le mariage, la monogamie, la solitude affective et les représentations de la masculinité sont des sujets politiques à part entière.
Elle assume ainsi une évolution de méthode : moins centrée sur les thèmes identitaires abordés frontalement, sa ligne cherche à partir des préoccupations relationnelles et psychologiques pour les relier à sa vision de la société. Elle présente cette stratégie comme une tentative de s’adresser à des personnes qui ne se reconnaîtraient pas spontanément dans les discours politiques traditionnels.
Cette orientation reste indissociable de ses convictions identitaires, qu’elle affirme maintenir. Son positionnement associe donc critique du féminisme, défense de la famille, valorisation de la masculinité et réflexion sur l’identité européenne. Cette articulation, revendiquée par l’intéressée, explique la place désormais importante accordée aux relations entre hommes et femmes dans ses prises de parole.
FAQ
Pourquoi Thaïs d’Escufon parle-t-elle moins d’immigration ?
Elle explique ne pas avoir abandonné ces thèmes, mais avoir choisi de les aborder indirectement à travers les enjeux de famille, de démographie, d’identité et de relations entre les sexes.
Que signifie la « masculinité héroïque » selon Thaïs d’Escufon ?
Elle emploie cette expression pour désigner une masculinité fondée sur le courage, la responsabilité, la détermination et le dépassement de soi, plutôt que sur la seule apparence ou la recherche de statut.
Quelle est sa position sur les mouvements MGTOW et red pill ?
Elle dit chercher à comprendre les difficultés auxquelles certains hommes sont confrontés, mais rejette les discours qui encourageraient la rancœur envers les femmes ou une vision exclusivement conflictuelle des rapports entre les sexes.



