Politique

Pourquoi Thaïs d’Escufon soutenait Éric Zemmour en 2022

Immigration, identité, sécurité, stratégie électorale et recomposition de la droite : les arguments avancés en faveur d’Éric Zemmour lors de la présidentielle de 2022.

Lors de l’élection présidentielle française de 2022, Thaïs d’Escufon a affirmé son soutien à Éric Zemmour dès le premier tour. Son choix reposait principalement sur la proximité qu’elle percevait entre les propositions du candidat de Reconquête et ses propres positions sur l’immigration, l’identité nationale, l’islamisme et la sécurité.

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Son argumentaire ne se limitait toutefois pas à un vote de premier tour. Elle présentait aussi cette candidature comme un moyen de déplacer le débat politique à droite et de construire une force d’opposition durable, y compris dans l’hypothèse où Éric Zemmour ne remporterait pas l’élection.

Un soutien fondé sur les propositions migratoires

La première raison invoquée concernait la politique migratoire. Thaïs d’Escufon considérait qu’Éric Zemmour portait le programme le plus ferme parmi les candidats de droite sur ce sujet. Elle mettait notamment en avant sa volonté de supprimer le regroupement familial, qu’elle qualifiait de principal vecteur de l’immigration légale en France.

Elle citait également plusieurs mesures défendues par le candidat : la suppression de l’aide médicale de l’État, la fin du droit du sol, l’éloignement des personnes en situation irrégulière, l’expulsion de délinquants binationaux et la fermeture de mosquées qualifiées d’islamistes.

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Dans ce cadre, elle employait le terme de « remigration », c’est-à-dire une politique de retour ou d’éloignement d’étrangers vivant en France. Éric Zemmour avait lui-même proposé la création d’un ministère consacré à cette politique. Cette notion, très controversée dans le débat public, était au centre de son positionnement sur l’immigration.

Thaïs d’Escufon jugeait que le candidat assumait des orientations que d’autres responsables politiques de droite n’oseraient pas défendre. Elle estimait qu’il était possible de considérer certaines de ses mesures insuffisantes tout en le voyant comme le candidat le plus radical sur ces questions durant cette campagne.

Identité française et dénonciation d’un risque culturel

Le soutien de Thaïs d’Escufon s’inscrivait dans une vision identitaire de la politique française. Elle affirmait qu’Éric Zemmour défendait explicitement l’identité française et qu’il avait, avant son entrée en campagne, traité publiquement des questions migratoires et démographiques pendant de nombreuses années comme journaliste et écrivain.

Elle lui attribuait une volonté de nommer frontalement ce qu’elle percevait comme une menace pour la continuité culturelle de la France. Son raisonnement faisait notamment référence à l’expression de « grand remplacement », une théorie et une formule politiques contestées, qu’elle considérait comme centrales pour analyser l’évolution démographique et migratoire du pays.

Elle avançait que l’usage assumé de termes jugés radicaux pouvait contribuer à modifier les limites du débat politique. Pour défendre cette idée, elle invoquait le principe de la fenêtre d’Overton : selon cette théorie, rendre une proposition discutable dans l’espace public peut, à terme, la faire apparaître comme politiquement envisageable.

Elle citait à ce titre des chiffres selon lesquels une part importante des Français soutiendrait en 2022 les mesures de remigration proposées par Éric Zemmour, avec un niveau plus élevé parmi les sympathisants des Républicains. Ces données étaient mobilisées pour soutenir l’idée que des propositions initialement marginales auraient gagné en visibilité.

La sécurité des femmes comme argument personnel et politique

Thaïs d’Escufon associait également son soutien à Éric Zemmour à la question de la sécurité des femmes. Elle évoquait l’insécurité dans les transports et dans l’espace public, ainsi que les agressions sexuelles, qu’elle reliait à ses préoccupations sur l’immigration et la délinquance.

Elle indiquait avoir été victime, en décembre précédant l’élection, d’une séquestration et d’une tentative de viol à son domicile. Elle affirmait que l’auteur présumé était un migrant tunisien et qu’il demeurait libre, évoquant la saturation des prisons et des services de police. À partir de cette expérience, elle disait faire davantage confiance à Éric Zemmour qu’à ses concurrents pour mettre en place une politique de protection des femmes.

Ce point constitue une part importante de son discours : la sécurité n’y est pas seulement présentée comme un enjeu institutionnel, mais comme une réalité quotidienne qui, selon elle, exige des réponses plus fermes de la part de l’État.

Pourquoi elle rejetait le choix de Marine Le Pen

Thaïs d’Escufon expliquait aussi son refus de soutenir Marine Le Pen, alors candidate du Rassemblement national. Elle estimait que la présidente du RN ne pouvait plus être définie comme une candidate identitaire, notamment parce que Marine Le Pen avait pris ses distances avec la notion de « grand remplacement » et avec le concept de remigration.

Elle reprochait également au Rassemblement national d’avoir abandonné certaines revendications, telles que la suppression de la double nationalité, et de ne pas aller assez loin sur le regroupement familial. Selon elle, les mesures envisagées par le RN sur l’immigration restaient imprécises ou trop limitées.

Son désaccord était aussi organisationnel. Elle racontait avoir travaillé comme community manager pour Sébastien Chenu, responsable du RN dans le Nord, entre septembre 2020 et janvier 2021. Elle disait avoir perdu cet emploi après une intervention télévisée en tant que porte-parole de Génération identitaire, mouvement auquel elle était liée. Elle interprétait cet épisode comme le signe d’une volonté du RN d’écarter les militants identitaires trop visibles.

Sur le plan électoral, elle jugeait que le RN suivait une stratégie de modération et de normalisation qu’elle qualifiait de « chiraquisation ». À ses yeux, cette ligne permettrait au parti de préserver une audience électorale, sans créer les conditions d’une rupture politique ou d’un accès réel au pouvoir.

Reconquête comme outil de recomposition de la droite

Au-delà de l’élection présidentielle elle-même, Thaïs d’Escufon voyait dans Reconquête une possibilité de recomposer la droite. Elle considérait que Les Républicains étaient divisés entre une sensibilité centriste susceptible de se rapprocher d’Emmanuel Macron et une sensibilité plus populiste, mais réticente à s’allier au Rassemblement national.

Elle décrivait le RN comme durablement isolé sur le plan des alliances. Dans cette lecture, Reconquête pouvait attirer des électeurs et des militants issus de plusieurs droites afin de constituer un bloc populiste et identitaire distinct, capable de peser même sans victoire présidentielle immédiate.

Elle insistait donc sur le fait que la politique ne se résume pas aux scrutins. Selon elle, une candidature peut avoir un effet sur les thèmes traités, le vocabulaire employé, la structuration militante et les rapports de force entre partis, y compris en cas de défaite.

L’appel à l’engagement militant

Enfin, Thaïs d’Escufon défendait une conception militante de l’action politique. Elle estimait que le vote ne suffisait pas et appelait les personnes partageant ses convictions à s’investir concrètement : rejoindre Reconquête, participer à des distributions de tracts ou à des actions d’affichage, intégrer Génération Zemmour ou, pour les étudiants, des sections de La Cocarde.

Son soutien à Éric Zemmour reposait ainsi sur un ensemble cohérent à ses yeux : des propositions migratoires jugées plus fermes, une défense revendiquée de l’identité française, une priorité accordée à la sécurité et la volonté de bâtir une droite identitaire organisée. Ces positions relevaient de son appréciation politique et s’inscrivaient dans les débats particulièrement polarisés de la campagne présidentielle de 2022.

Questions fréquentes

Pourquoi Thaïs d’Escufon préférait-elle Éric Zemmour à Marine Le Pen ?

Elle estimait qu’Éric Zemmour défendait des positions plus explicites sur l’immigration, la remigration et l’identité nationale. Elle reprochait au Rassemblement national une stratégie de modération ainsi qu’un éloignement des militants identitaires.

Quelles mesures d’Éric Zemmour mettait-elle en avant ?

Elle citait notamment la suppression du regroupement familial et de l’aide médicale de l’État, la fin du droit du sol, l’éloignement des étrangers en situation irrégulière, l’expulsion de délinquants binationaux et la fermeture de mosquées qualifiées d’islamistes.

Quel rôle attribuait-elle à Reconquête ?

Elle voyait Reconquête comme un outil de restructuration de la droite, susceptible de réunir des sensibilités identitaires et populistes au-delà de la seule échéance présidentielle de 2022.

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